HISTOIRE

Avant 1960: l'Empire colonial belge
Le Congo, le Rwanda et le Burundi sont des colonies belges jusqu'en 1960. Elles sont peuplées de deux ethnies principales.
Les Tutsis, minoritaires, qui ne représentaient qu'environ 20% de la population, et les Hutus, quatre fois plus nombreux. Au Rwanda, la Belgique favorisent les Tutsis, au détriment des Hutus, en leur confiant des responsabilités et en leur offrant des privilèges dans le domaine de l'éducation des enfants ou de la religion.

1960- 1994: des massacres inter-ethniques au génocide rwandais
Les inégalités et les injustices créent des tensions entre Tutsis et Hutus. Au Rwanda, des massacres ont lieu épisodiquement et les responsables tutsis se réfugient en Ouganda, où ils créent le Front patriotique rwandais (FPR) avant de revenir pour tenter de reprendre le pouvoir au Rwanda. Au Congo, à cette époque, le Nord-Kivu, frontalier du Rwanda, est peuplé de plus de 250 groupes ethniques.

1994-1996: la période post-génocidaire
Pendant le génocide, les Hutus au pouvoir massacrent les civils tutsis et tentent d'empêcher le FPR de reprendre le pays. A la fin des massacres, un million de Hutus fuient le Rwanda par peur des représailles, aidés par la France. Ils traversent la frontière vers le Congo (rebaptisé Zaïre) et s'installent dans des camps au Nord-Kivu, avec la bénédiction du pouvoir de Mobutu. Parmi eux des civils, mais aussi des génocidaires, qui créent les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

1996-1997: la première guerre du Congo
Entre 1996 et 1997, le Rwanda, notamment, aide Laurent-Désiré Kabila à renverser Mobutu. Le pays est intéressé par la richesse minérale du Zaïre, mais veut aussi vider les camps de réfugiés du Nord-Kivu. De sanglants massacres y ont lieu en 1996.

1998-2002: la deuxième guerre du Congo
De 1998 à 2002, le pays, devenu République démocratique du Congo (RDC) en 1997, traverse une grave période de conflits opposant plusieurs groupes armés, dont certains, comme le Mouvement de libération du Congo (MLC), sont soutenus par d'autres pays qui veulent éviter que le conflit ne gagne leur territoire. Le Rwanda soutient les Tutsis du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), qui administrera, à la suite d'un redécoupage territorial, la zone du Nord-Kivu, convoitée pour ses richesses minérales et foncières. Le gouvernement de la RDC, basé à Kinshasa, arme de son côté des milices d'autodéfense, les Mai-Mai, et les FDLR pour lutter contre les rebelles.

2003-2007: la période de transition
A la mort de son père en 2001, Joseph Kabila le remplace à la tête de la RDC. Il prend la tête d'un gouvernement de transition en 2003, avec quatre vice-présidents, dont un représentant du RCD et un du MLC.
Pour pacifier le pays, ils tentent des «brasser» les différents mouvements rebelles au sein de l'armée. Le général Laurent Nkunda, du RCD, refuse car il craint que ses hommes ne soient envoyés combattre hors du Nord-Kivu. Il crée le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) en 2006, pour protéger les populations tutsies sur place. En janvier 2007, il accepte une nouvelle tentative de «mixage» en échange des territoires qu'il convoitait.

Depuis août 2007: le clash au sein de l'armée congolaise réformée
L'entente entre des différentes brigades ne tient pas longtemps, et le CNDP déserte en août 2007, pour combattre le FDLR et se positionner autour de la principale ville du Nord-Kivu: Goma. Des combats ont lieu contre l'armée, mise en déroute en décembre 2007.
La conférence de Goma débouche sur un accord de cessez-le-feu, signé en janvier 2008 par l'ensemble des belligérants. Accords régulièrement violés depuis.